Acheter du remember en vinyle : quoi vérifier avant de payer
Le remember a vraiment été mixé, et beaucoup : c'est la catégorie où l'état prime sur tout le reste. Comment lire le grading, quels défauts s'entendent et quoi demander avant d'acheter.
Publié le par Equipo beatdo.
Il y a une différence énorme entre un disque qui a passé vingt ans sur une étagère et un disque qui a été mixé quatre soirs par semaine dans une cabine avec la table à fond. Quand on achète du vinyle remember d'occasion, on est presque toujours dans le second cas, et ça change complètement ce qu'il faut regarder. Ces disques existaient pour servir : on les sortait de la pochette dans l'urgence, on les laissait posés sur la table, on les emportait dans la valise jusqu'au lieu suivant et ils rentraient à la maison à neuf heures du matin.
Ce n'est pas un problème, c'est une caractéristique de la catégorie. Mais ça veut dire qu'ici l'état n'est pas un détail de l'annonce : c'est la moitié de la décision. Et ça veut dire qu'il faut un vocabulaire commun pour en parler sans ambiguïté, parce que « il est bien » ne veut rien dire.
Pourquoi l'état pèse plus dans le remember que dans presque n'importe quelle autre catégorie
Si tu viens de la collection de rock ou de jazz réédité, ton intuition sur l'état ne va pas complètement te servir. Là-bas, beaucoup d'exemplaires ont été écoutés une fois puis rangés. Ici, non.
Un maxi de cabine a une biographie très précise
L'usure d'un disque de piste suit un motif reconnaissable. Le sillon d'entrée souffre plus que le reste, parce que c'est là que tombait l'aiguille, parfois vite et sans regarder. La face A, celle qu'on mixait, est en général plus fatiguée que la B. Et la pochette porte les marques d'avoir vécu serrée entre cinquante autres dans une valise, avec le poids par-dessus et le frottement constant.
Si le contexte t'intéresse — pourquoi ces disques ont été utilisés comme ça et quelle scène les portait — c'est développé dans Remember : le guide du hard dance qui passait dans les cabines espagnoles. Ici on va droit au critère d'achat.
Le tirage était fonctionnel, pas de collection
Beaucoup de ces maxis ont été pressés pour servir les magasins et les DJ, pas pour durer en vitrine. Il n'y a eu ni éditions anniversaire ni rééditions soignées pour la plupart. Ça veut dire que l'exemplaire que tu regardes est, très souvent, la seule façon d'avoir ce morceau en vinyle. Et ça veut dire que lui exiger un état sorti d'usine, c'est dans bien des cas lui exiger quelque chose qui n'existe pas.
Acheter à l'aveugle est la norme, et c'est là qu'est le risque
C'est la catégorie où l'on achète le plus sans voir. Pochettes génériques, étiquettes qui se ressemblent, titres qui reviennent sur plusieurs labels. Sans une description d'état sérieuse et sans photos de l'exemplaire précis, tu paries. La seule défense réelle, c'est de savoir lire le grading et de savoir quoi demander.
Comment lire le grading Goldmine quand on achète du vinyle remember d'occasion
Le standard Goldmine est l'échelle que nous utilisons parce que tout le monde la comprend et parce qu'elle ne laisse pas de place à l'interprétation créative. Elle va de Mint à Poor : M, NM, VG+, VG, G+, G, F, P.
Le support et la pochette se notent séparément, toujours
C'est la première chose à intégrer. Un exemplaire peut être NM de disque et VG de pochette, et c'est parfaitement normal en remember : le vinyle voyageait protégé à l'intérieur et la pochette encaissait tous les coups de la valise. Quand tu vois une seule note sans préciser à quoi elle se rapporte, demande. Si ce qui t'importe est de mixer, la note du support est ta donnée ; si tu veux que ça rende bien dans le bac vu de tranche, la pochette pèse plus.
De Mint à VG+ : les notes avec lesquelles on mixe tranquille
M (Mint) est parfait, jamais utilisé, sans une marque. C'est une note qu'on attribue avec beaucoup de prudence et qui apparaît peu dans cette catégorie : un exemplaire comme Sleepless Nights de DJ Indian catalogué M signifie exactement ça — il est arrivé et il est resté sous blister.
NM (Near Mint) est pratiquement parfait. Il peut porter une petite marque de manipulation qui ne s'entend pas, la brillance est intacte, sans bruit de fond ajouté. C'est la note réaliste pour un disque très bien conservé, comme le sont souvent catalogués des exemplaires du type Sonic Empire de Members Of Mayday ou Whatever! de Ferry Corsten quand ils ont peu servi en cabine.
VG+ (Very Good Plus) est là où vit la plus grande partie du remember honnête. Il a servi. Il a des marques superficielles visibles à contre-jour, peut-être un peu de bruit de surface dans les silences et à l'entrée, mais le sillon est sain et le morceau sonne en entier. Un Angelis de Bohemia ou un Beams Of Light de Stargate en VG+ est un disque que tu peux mixer sans y réfléchir.
De VG vers le bas : quand ça garde du sens
VG, c'est déjà un disque à l'usure évidente : bruit de surface audible aussi dans la musique, aigus un peu éteints, marques qu'on voit sans les chercher. On peut le mixer selon le contexte, mais pas dans une cabine exigeante.
G+ et G (Good) signifient que ça sonne du début à la fin, mais avec un bruit constant et probablement un saut ponctuel. F (Fair) et P (Poor) sont des exemplaires vraiment abîmés : rayures profondes, voile, sauts. Ils n'ont de sens que si ce morceau n'existe pas autrement et que tu le veux pour l'avoir, en sachant ce que tu achètes.
Défauts qui s'entendent et défauts qui se voient seulement
Le mot « rayure » ne veut rien dire tout seul. Il y a des marques qui ne changent pas le son et des marques qui ruinent un morceau.
Marques superficielles contre rayures qui sautent
Le test manuel reste le meilleur : si tu passes l'ongle perpendiculairement au sillon et qu'il n'accroche pas, c'est une marque superficielle. Elle érafle la brillance, se voit à contre-jour, et ajoute au pire un peu de bruit de fond. Si l'ongle accroche, l'aiguille peut accrocher aussi : c'est une rayure du genre qui claque ou qui saute, et il faut la déclarer.
Dans une annonce sérieuse, une rayure qui s'entend est mentionnée avec sa localisation et son effet, elle n'est pas cachée sous un adjectif aimable. C'est la différence entre « marques d'usage propres à la note » et « rayure sur la plage 2 de la face A qui s'entend pendant quelques secondes ».
Usure du sillon d'entrée et de la fin de plage
C'est la signature du disque de cabine. Les premiers millimètres du sillon sont plus blancs, plus mats, parce que l'aiguille y est tombée mille fois. Si l'usure reste dans l'entrée et dans la marge avant que le morceau commence, ça ne gêne pas. Si elle a déjà mangé les premières mesures et qu'on entend de la distorsion dans les aigus au démarrage, ce disque a perdu ce qui compte le plus pour qui mixe : l'entrée.
Voile, pochette éraflée et autres vices de la valise
Le voile vient en général du disque rangé à plat avec du poids dessus, ou près d'une source de chaleur. Une platine correcte pardonne un voile léger ; un voile prononcé fait monter et descendre l'aiguille et peut finir par la faire sauter. Ça se détecte en regardant le disque de tranche, posé sur une surface plane.
La pochette, c'est une autre histoire. Tranches éraflées, coins mous, marque d'anneau laissée par le disque sous la pression : rien de tout ça n'affecte l'écoute. Si le prix de l'exemplaire reflète l'état de la pochette mais que le vinyle est sain, pour mixer c'est une bonne affaire.
Quoi regarder sur les photos et quoi demander s'il n'y en a pas
Une photo de catalogue générique ne sert à rien dans cette catégorie. Tu as besoin de voir l'exemplaire précis qui va t'arriver.
Les trois photos qui informent vraiment
Tu veux la surface du vinyle en lumière rasante, parce que c'est la seule façon de faire apparaître les marques fines ; de face et au flash direct, tout paraît impeccable. Tu veux l'étiquette centrale lisible, pour confirmer le label, l'année et la version. Et tu veux la pochette des deux côtés et, si possible, les tranches.
Si ce que tu vois est une image tirée d'une base de données et pas de l'exemplaire, tu as le droit de demander la vraie. Un vendeur qui connaît ses disques l'envoie sans problème.
Les questions qui règlent un achat
Il y en a trois qui ne ratent presque jamais. Si le disque a été passé pour le vérifier et sur quel matériel. S'il y a un point précis où l'on entend quelque chose, en indiquant face et plage. Et si le disque est propre ou s'il arrive avec trente ans de poussière et de gras, parce qu'un nettoyage correct peut faire monter la perception de l'état sans que le sillon ait changé.
Ce qui distingue une description fiable
Une fiche qui dit VG+ et qui explique en plus pourquoi c'est VG+ t'apporte beaucoup plus qu'une fiche qui dit NM sans argument. Sur un exemplaire unique, la description est le produit : si elle est honnête, tu sais exactement ce que tu reçois. Nous notons le disque et la pochette séparément précisément pour ne pas avoir à arrondir vers le haut.
Promos, white labels et éditions commerciales
Dans la dance des années quatre-vingt-dix et deux mille circulaient beaucoup plus de versions que ce que le grand public voyait en magasin, et il vaut mieux savoir ce qu'on a en main.
Ce qu'est un promo
Un promo est une copie envoyée aux DJ, aux magasins ou aux radios avant la vente au public ou en marge de celle-ci. Il s'identifie en général par des tampons, un texte imprimé ou des marques sur l'étiquette indiquant qu'il n'était pas destiné à la vente. Parfois le contenu est identique au commercial, parfois il contient des mixes ou des montages qui ne sont pas passés au format magasin.
White labels et éditions sans label visible
Un white label est un disque à étiquette blanche ou sans information imprimée. Ça peut être une copie avancée pour tester le morceau en piste, une édition non officielle ou un pressage en marge du circuit habituel. Pour l'acheteur, l'important est d'accepter que l'identification dépend de ce qu'on lit sur l'étiquette et sur le vinyle, et que si personne ne peut confirmer la version avec certitude, il faut le dire. Nous préférons cataloguer sans label identifié, comme pour Piano Heaven de Dj Clubstar, plutôt que d'attribuer une provenance que nous ne pouvons pas démontrer.
Pourquoi ça change ce que tu achètes
Si tu cherches un mix précis, l'édition compte autant que l'état : deux exemplaires du même titre peuvent porter des contenus différents. Il aide ici de connaître le fonctionnement du circuit de distribution de l'époque, ce qui se voit bien dans l'histoire de Max Music et Blanco y Negro : les labels qui ont mis la dance dans les magasins de quartier. Si ce que tu veux, c'est simplement ce morceau en vinyle, un promo en bon état fait exactement le même travail.
Quand il n'y a qu'un exemplaire, la décision n'est pas la même
Acheter un disque dont vingt copies sont en vente est un exercice de comparaison : tu attends, tu filtres, tu choisis le meilleur état. Avec un exemplaire unique, rien de tout ça.
Décide par l'usage, pas par la note idéale
Demande-toi ce que tu vas faire du disque. Si c'est pour mixer dans un set remember, un VG+ avec l'entrée saine et sans sauts fait parfaitement l'affaire et le bruit de surface disparaît sous la piste. Si tu le veux pour écouter chez toi dans le silence, monte ton exigence. Si tu le veux parce qu'il te rend une nuit précise d'il y a vingt ans, la note compte beaucoup moins que tu ne le crois.
Quand dire non sans hésiter
Il y a trois motifs pour laisser passer : un saut dans la partie du morceau dont tu as besoin, un voile visible à l'œil nu de tranche, et une description vague que le vendeur ne veut pas préciser. Les deux premiers ne se réparent pas ; le troisième signifie en général que personne n'a posé le disque sur la platine.
À quoi ça ressemble en pratique
Chaque fiche du bac porte sa note de disque et de pochette parce que ce sont des exemplaires uniques et qu'il n'y a pas de seconde copie derrière pour compenser. Quand tu lis VG+ sur un Don't Wanna Leave Here de Kinky Boys ou NM sur un Love Song For A Vampire de Millo, cette note se rapporte à ce disque-là et à aucun autre. C'est la partie la moins glamour du métier et celle qui décide si tu reviens acheter.
Questions fréquentes
que signifie VG+ sur un vinyle d'occasion ?
VG+ (Very Good Plus) désigne un disque qui a servi et qui le montre : il porte des marques superficielles visibles à contre-jour et peut ajouter un peu de bruit de fond dans les silences et dans le sillon d'entrée, mais le sillon est sain et il ne saute pas. En vinyle remember c'est la note la plus courante, et elle est parfaitement valable pour mixer.
comment savoir si une rayure sur un vinyle va faire sauter la lecture ?
Passe l'ongle perpendiculairement au sillon, sur la marque. Si l'ongle glisse sans accrocher, c'est une marque superficielle et elle ajoutera au pire un peu de bruit. Si l'ongle accroche, l'aiguille peut le faire aussi et là il y a un risque de claquement ou de saut. Pour un achat à distance, demande une photo en lumière rasante et demande si le disque a été passé.
l'état de la pochette affecte-t-il le son du disque ?
Non. Tranches éraflées, coins mous ou la marque circulaire que laisse le disque sous la pression sont des défauts esthétiques qui ne touchent pas le sillon. C'est pour ça que le grading Goldmine note le support et la pochette séparément : un exemplaire peut être NM de disque et VG de pochette. Si tu vas mixer, regarde la note du support ; la pochette compte si tu te soucies du rendu dans le bac.
quelle différence entre un vinyle promo et l'édition commerciale ?
Le promo est la copie qu'on envoyait aux DJ, aux magasins ou aux radios et qui ne se vendait pas au public ; il porte en général des tampons ou un texte sur l'étiquette qui l'indique. Parfois son contenu est identique au commercial, parfois il inclut des mixes qui ne sont pas arrivés à l'édition de magasin. Si tu cherches une version précise, mieux vaut confirmer quels mixes porte l'étiquette avant d'acheter.
Questions fréquentes
- que signifie VG+ sur un vinyle d'occasion ?
- VG+ (Very Good Plus) désigne un disque qui a servi et qui le montre : il porte des marques superficielles visibles à contre-jour et peut ajouter un peu de bruit de fond dans les silences et dans le sillon d'entrée, mais le sillon est sain et il ne saute pas. En vinyle remember c'est la note la plus courante, et elle est parfaitement valable pour mixer.
- comment savoir si une rayure sur un vinyle va faire sauter la lecture ?
- Passe l'ongle perpendiculairement au sillon, sur la marque. Si l'ongle glisse sans accrocher, c'est une marque superficielle et elle ajoutera au pire un peu de bruit. Si l'ongle accroche, l'aiguille peut le faire aussi et là il y a un risque de claquement ou de saut. Pour un achat à distance, demande une photo en lumière rasante et demande si le disque a été passé.
- l'état de la pochette affecte-t-il le son du disque ?
- Non. Tranches éraflées, coins mous ou la marque circulaire que laisse le disque sous la pression sont des défauts esthétiques qui ne touchent pas le sillon. C'est pour ça que le grading Goldmine note le support et la pochette séparément : un exemplaire peut être NM de disque et VG de pochette. Si tu vas mixer, regarde la note du support ; la pochette compte si tu te soucies du rendu dans le bac.
- quelle différence entre un vinyle promo et l'édition commerciale ?
- Le promo est la copie qu'on envoyait aux DJ, aux magasins ou aux radios et qui ne se vendait pas au public ; il porte en général des tampons ou un texte sur l'étiquette qui l'indique. Parfois son contenu est identique au commercial, parfois il inclut des mixes qui ne sont pas arrivés à l'édition de magasin. Si tu cherches une version précise, mieux vaut confirmer quels mixes porte l'étiquette avant d'acheter.